19.11.2007
Cumul des Mandats : Montebourg ne devrait pas y aller ...
Le 25 octobre, le Point évoquait dans ses confidentiels un "Montebourg futur président du conseil général de Saône-et-Loire" en annonçant que "le député socialiste Arnaud Montebourg va se présenter aux prochaines cantonales de mars prochain afin de devenir président du conseil général de Saône-et-Loire. L’actuel président, le socialiste Christophe Sirugue, va lui laisser la place afin de se lancer à la conquête de la municipalité de Chalon. Jusque-là, Arnaud Montebourg avait des réticences en raison de son engagement en faveur du mandat unique. Mais ses amis l’ont convaincu de devenir un cumulard, comme la plupart de ses camarades socialistes, en attendant une éventuelle loi instaurant le mandat unique...."
Le 27, le journal de Saône et Loire démentait l'information alors que Creusot-infos en rajoutait une couche "Conseil Général : Montebourg devrait y aller. Selon nos informations, il y a fort à parier qu'Arnaud Montebourg, député de la Bresse, décide de se présenter aux cantonales dans le canton de Montret. Pourquoi ? Tout simplement pour succéder à Christophe Sirugue à la présidence du Conseil Général... Cela, bien évidemment si, comme il l'espère, la gauche conserve la majorité en Saône-et-Loire et que, dans le même temps, Christophe Sirugue gagne la mairie de Chalon..."
Quelques jours plus tard sur RTL face à Apathie, Montebourg s'expliquait : "La question est en discussion pour des raisons, d'ailleurs... Je vais vous dire : nous sommes 4% à l'assemblée nationale, à exercer le mandat unique. Ca fait dix ans que je le pratique contre vents et marées. Je vois après sept ans de combat pour la construction d'une VIe République où le mandat unique était un des éléments principaux dispositifs... Même la commission Balladur, même les réformes en cours sont en train de l'abandonner... Est-ce qu'on peut avoir raison contre le Monde entier, monsieur Aphatie ?"
Enfin dans creusot-infos, l'intéressé s'expliquait plus en détail : "Je suis dans une hésitation philosophique par rapport à des principes qui me tiennent à coeur, mais il est vrai, aussi, une envie de concrétiser mes idées»... Arnaud Montebourg annonce qu'il fera part de sa décision sous quelques semaines. Soit à la fin novembre, soit tout début décembre. «Je ne suis pas pressé, je veux prendre le temps de tout analyser, de tout peser. Une chose est certaine mon choix sera fixé avant la fin de l'année".
Il n'y à pas d'hésitation philosophique à avoir !!!
Il s'agit d'un choix politique. D'un choix et non d'une hésitation. De politique et non de philosophie.
Montebourg ne devrait tout simplement pas y aller.
Les arguments contre le cumul des mandats sont nombreux. Il les a lui-même souvent développé :
- On est élu à plein temps et il y une incompatibilité majeure d'emplois du temps pour un élu qui veut s'investir pleinement dans le mandat que les électeurs lui ont confié,
- Le manque d'assiduité des parlementaires est une des plaies de notre Vème république,
- Le dévoiement du rôle du parlementaire vers une instrumentation des enjeux nationaux pour consolider des politique locales, voir des fiefs est une des dérives de notre système,
- Le non-renouvellement des élus, de la classe politique en générale à pour origine le cumul des mandats
Alors que le sujet du cumul des mandats redevient d'actualité : c'est l'une des rares bonnes propositions du rapport Balladur sur les institutions. Alors qu'il faut plus que jamais se battre pour inscrire dans la loi ce non cumul. Il n'est pas question d'avoir des "hésitations philosophiques". C'est un choix politique : Renoncer ou combattre.
Faire parti des 4% de députés non-cumulards devrait être un honneur, et une chance .. une chance de pouvoir avoir le temps de faire sont travail de parlementaire, magnifiquement comme récemment face à la Garde des Sceaux.
De nombreux militants, élus refont aujourd'hui ressurgire le combat pour le non-cumul des mandats .
Citons ainsi par exemple le Rebond de membres du PS dans Libération :
Par Maxime des Gayets, Nicolas Le Roux, Sibeth N’Diaye, Mao Peninou, Sarah Proust et Julie Sommaruga, des membres des instances nationales du Parti socialiste.
Proposition n°69 du pacte présidentiel porté par Ségolène Royal lors de l’élection présidentielle, le principe du mandat unique pour les parlementaires constitue une des revendications récurrentes de la gauche depuis plusieurs années. Il faut dire que le cumul des mandats constitue bien une «exception française».
Chez nos voisins européens, rares sont les systèmes qui autorisent un parlementaire à exercer une autre fonction élective. En Grande-Bretagne, la pratique se suffit même à elle-même, les parlementaires se concentrant exclusivement à l’exercice de leur mandat. Nous savons que ce n’est pas de la droite que viendra une réforme instaurant le mandat unique. Car, derrière les aspects institutionnels, la question du cumul touche à l’idée même que l’on se fait de la pratique du pouvoir.
Le système actuel favorise la constitution de fiefs électoraux, encourage les conflits d’intérêts et empêche le renouvellement et la diversité nécessaires du personnel politique dans notre pays. L’instauration du mandat unique permettrait donc de donner un souffle nouveau à nos institutions et accorderait une légitimité accrue aux députés en les obligeant à se consacrer exclusivement à leur mandat.Bien que siégeant dans l’opposition, nous demandons à ce que le Parti socialiste formule rapidement une proposition de loi sur le sujet, accompagnée d’une réforme du statut de l’élu. Cette nécessité démocratique doit être inscrite dans les textes.
Mais, dès à présent, les socialistes ne peuvent s’en exonérer dans les faits. Nous saluons la décision de Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, de ne pas avoir brigué son siège de députée lors des élections législatives.
Mais, alors qu’une nouvelle législature débute, nous te demandons, cher François, de prendre les mesures internes nécessaires pour que les 187 députés socialistes, qui ont été élus le 17 juin 2007, ne cumulent plus d’autres fonctions électives avec leur mandat parlementaire.
Premier secrétaire de notre parti, nous croyons qu’il t’appartient de mettre enfin en adéquation nos textes et nos pratiques. Premier des nôtres, tu as le devoir de l’exemplarité. Nous comptons sur toi.
Ou bien encore ce communiqué
Et enfin cette pétition trans-partis (essentiellement MoDem et PS) : http://oeuvrer.org
Pour toutes ces raisons et pour beaucoup d'autres, gageons qu'Arnaud Montebourg fera le choix de ne pas y aller.
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14.11.2007
Bayrou soutien une liste MoDem indépendante à Montrouge
Petit addendum à la note précédente sur Montrouge, les municipales et le Centre :
Bayrou interrogé ce soir au Café Démocrate de Quitterie Delmas répond à une question sur les municipales de Montrouge :
Jean Eric Benin pose une question. Universitaire à Paris II, il veut savoir comment monter une liste Modem à Montrouge, face à un maire Nouveau Centre. François Bayrou encourage à aller de l'avant, et de faire preuve de compréhension pour ceux qui demeurent rétiscents ou qui sont partis.
22:00 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note










